Interview du concepteur de Sublyn.com

Comme nous avons envie de partager avec vous quelques initiatives intéressantes autour du HTML5 et des communautés, on a donc demandé à Geoffrey Dorne de nous parler de Sublyn.com
Sublyn est un service récent qui permet de consulter la carte du réseau de transport parisien avec une couche de Twitter. 

En deux lignes, qu’est-ce que Sublyn ? Quel est le but du site ?
Bonjour et merci pour cette interview ! :) Pour résumer, Sublyn propose un plan des métros parisiens plus fidèle à la réalité géographique, le tout relié en temps réel aux tweets sur chaque ligne de métro, de RER, de tramway, etc.
Pouvez-vous vous présenter rapidement ? Qui est derrière ce site ?
Je m’appelle Geoffrey Dorne, je suis designer indépendant dans le numérique et l’imprimé mais également chercheur en design. Je tiens le blog http://Graphism.fr et http://Jaffiche.fr . J’ai créé ce site avec Barbara Chabriw, designeuse également.
N’avez-vous pas peur d’éventuelles menaces judiciaires de la part de la RATP comme elle l’a déjà fait pour le site  incidents-ratp.com ?
Nous n’avons aucun lien avec l’entreprise des transports parisiens et ne reflètons nullement son image ni ses idées, ni ses visuels, ni son logo, ni ses horaires, etc.
La carte a été redessinée et diffusée sous license Creative Commons, les icônes et pictogrammes ont tous été dessinés, et nous affichons uniquement du contenu écrit par des utilisateurs de twitter.
Toujours d’un point de vue juridique, ne craignez-vous pas que l’utilisation du service serve à prévenir de la présence de contrôleurs (un peu comme des avertisseurs de radars) ? 
Nous n’avons pas de service permettant permettant d’aller chercher précisément ce genre d’informations. Sur twitter, les usagers des transports écrivent parfois qu’un contrôleur est à tel ou tel endroit mais nous ne pouvons être responsables de leurs tweets.
Vous indiquez que votre carte est plus fidèle à la réalité géographique. Sur quoi vous basez-vous pour la réaliser ? 
La carte a été réalisée sur une base géographique (Google Map) avec les vrais plans satellites. De même, un élément pratique figure sur la carte : les ponts qui traversent la Seine ! :)
Il y a deux dimensions intéressantes dans votre site : le côté technique et communautaire. 

D’un point de vue technique, quels sont les choix techniques utilisé pour développer le site ? Comment avez-vous tiré profit des avantages du HTML5 ? Quels sont ces avantages ? 
Ici, le HTML5 a servi de base principale pour coder le site avec des effets visuels (box-shadow, font-face, etc.) et Sublyn tire aussi avantage du html pour afficher rapidement et légèrement un plan, des tweets, etc. Pas de flash donc.
D’un point de vue communautaire, pourquoi avoir choisi de passer par Twitter ? Allez-vous accentuer le côté communautaire (forum, participation à la réalisation du site, etc.) ? 
En tant que designer, je pense que ressentir le “poûls” d’une communauté, son instantanéité, sa fragilité aussi, est très important pour les autres utilisateurs. Cela est beaucoup plus précis, fugace et parfois drôle que des messages officiels. Pour l’instant, je n’ai pas prévu d’accentuer le côté communautaire, l’idée étant de perfectionner déjà l’existant
Avez-vous l’intention de monétiser ce service ? 
Non.
Pensez-vous faire des versions mobiles ? 
Elles sont en cours de développement.
Le service est actuellement minimaliste, est-ce un choix ? Allez-vous rajouter des fonctions comme la possibilité de réaliser des itinéraires ?  Dans quel sens allez vous faire évoluer votre service ? 
Less is more” est un adage vers lequel il est toujours agréable de se diriger. Pour l’instant, le but est d’améliorer vraiment l’existant de cette version Bêta. Concernant les itinéraires, nous cherchons un développeur sympathique qui arriverait à remplacer l’image de la carte en jpg par du SVG et qui arriverait à calculer les trajets.
Allez-vous l’étendre à d’autres villes ? 
Oui. En France et dans le monde.
Merci pour le temps consacré à la réponse des questions !
Avec un immense plaisir !
Propos recueillis par e-mail par Alexandre Amigouet

“Boot to Gecko” et cap sur l’HTML5

Chez Toxicode, nous faisons des paris technologiques et l’un d’eux consiste à miser sur un langage de programmation appelé le JavaScript.

Je ne suis pas développeur donc je ne m’aventurerai pas sur un terrain technique dont je ne maîtrise pas les tenants et aboutissants.

Cependant, nous essaierons de parler de temps en temps ici de la mise en avant du JavaScript car nous estimons que c’est un langage qui est prometteur.

On parlera également de l’HTML5 puisque ce sont des notions étroitement liées. D’un côté, l’HTML5 a un rôle d’affichage et de l’autre côté, le JavaScript a un rôle de pilotage. Dans le langage courant (c’est à dire pour les non-techniques comme moi), on utilise souvent le terme HTML5 pour désigner les nouvelles technologies du web qui englobent le JavaScript, le CSS3… D’ailleurs, l’utilisation du CSS3 combiné au JavaScript est un excellent concurrent au Flash avec un avantage non négligeable qui est d’être compatible sur de nombreux supports.

Cette précision était importante pour mieux comprendre le sujet de ce billet de blog. Les systèmes d’exploitation des Smartphones les plus populaires sont iOS (Apple), Android (Google), BlackBerry OS (RIM) ou encore Windows mobile (Microsoft). Il y a un nouvel acteur qui aimerait percer dans ce domaine et qui est Mozilla. Il s’agit de l’entreprise qui développe le navigateur web Firefox. En restant dans cette lignée, Mozilla est en train de développer un système d’exploitation, baptisé “Boot to Gecko”, dont toutes les fonctionnalités (du SMS aux applications) seront en HTML5.  

Comme je l’ai dit précédemment, l’HTML5 est employé pour désigner les nouvelles technologies du web et donc Mozilla compte bien utiliser son expérience dans ce domaine pour réaliser son système d’exploitation. L’expérience de Mozilla est essentiellement présente dans son navigateur Firefox puisque le rôle d’un navigateur web est justement d’interpréter ces technologies.

L’objectif de ce système d’exploitation est d’être orienté web mais on pourra bien évidemment l’utiliser sans être connecté à la toile. La position de Mozilla se démarque des autres systèmes d’exploitation précédemment cités en adoptant un standard du web pour concevoir Boot to Gecko. Un “market place” est disponible pour les développeurs qui aimeraient proposer leurs applications à sa sortie.

Les avantages d’un tel système sont de permettre la création d’applications facilement pour les développeurs, mais également de proposer des téléphones peu onéreux.

C’est un exemple parmi tant d’autres illustrant l’intérêt qui est porté au JavaScript en ce moment et nous ne manquerons pas d’en présenter d’autres à l’avenir sur notre blog.

Alexandre Amigouet

Démonstration en vidéo de “Boot to Gecko” au Mobile Word Congress de Barcelone 

Vidéo de http://www.maximejohnson.com/techno/

Les liens particuliers de Free avec sa communauté

On est fixés, l’offre de Free Mobile sera (enfin) dévoilée demain à 8h30 !

J’aimerais revenir sur une campagne commerciale finement orchestrée par Xavier Niel, fondateur d’Iliad (maison mère de Free). Depuis des mois, on parle du lancement du quatrième opérateur mobile en France. L’attente est grande de la part des consommateurs car Xavier Niel a promis à de nombreuses reprises de bouleverser le marché en divisant au minimum la facture de téléphonie par deux comme sur cette vidéo http://fr.itweb.tv/Video-scoop-Free-Mobile-Xavier-Niel-joue-la-provoc-LeWeb-11_v184.html

Ce que je trouve particulièrement intéressant dans le lancement de Free Mobile est qu’il bénéficie d’une excellente couverture médiatique pour un coût quasiment nul (en tout cas par rapport à une compagne de publicité classique). Jusqu’à maintenant, il n’y a eu aucune campagne publicitaire pour annoncer le lancement de l’offre mobile mais tout le monde en parle grâce au buzz qu’il y a sur le net.

Mais quelle est la recette de ce buzz ?

En réalité c’est assez simple Free entretient un lien avec ses communautés d’utilisateurs, qui lui permet de faire des économies énormes. Economies qu’il partage avec ses clients, issus en partie des communautés.

Quel est ce lien ?

Contrairement à B&You ou Sosh, Free n’a pas de forum ou d’espace dédié pour interagir avec ses clients. Ce sont ses “fans” qui ont créés des espaces communautaires tel qu’Univers Freebox ou encore l’ADUF*. Et ces derniers ont ainsi la chance de pouvoir entretenir une relation de confiance avec la société qui les invites régulièrement comme par exemple en décembre dernier pour visiter les nouveaux locaux au siège d’Iliad. On retrouve également les offres d’emplois de Free, des aides techniques sur ces sites web ou encore les voeux pour la nouvelle année d’Angélique Berge, Directrice de la Relation Abonnés, transmis via la newsletter de l’ADUF.

C’est une relation de partenaire que Free noue avec eux. Ce sont donc ces communautés qui aident fortement à la réussite du lancement de l’offre de Free.

Free Mobile a même suscité l’apparition de nouvelles communautés comme l’excellent FreeMobileActu.com

La formule “communauté + petites phrases + attente du consommateur” alimente le buzz qui, de par son ampleur, permet à Free d’avoir une très bonne présence sur les réseaux sociaux (avec plus de 27 000 fans sur la page Facebook officielle en 4 jours). Les pages Facebook des concurrents de Free sont inondées des remarques des aficionados du “trublion”.

Le résultat est qu’avec peu de moyens Free Mobile bénéficie d’un plan marketing à moindre coût. Ainsi, la lancement de l’opérateur mobile fait écho sur les chaînes d’informations comme i>Télé et BFM TV.

Libération a même relaté en première page, aujourd’hui, les péripéties des geeks pour dénicher des informations sur la future offre.

Cette couverture médiatique au profit de Free Mobile lui permet de maîtriser ses dépenses de communication et donc de rendre la pareille, à travers ses prix, au consommateur (qui devient un conso-acteur).

Xavier Niel a compté sur une offre simple et le bouche à oreille pour développer son offre ADSL, il y a donc de grandes chances qu’il renouvelle l’expérience.

Alexandre Amigouet

Une petite parodie du film “La Chute” (d’ordinaire réalisée pour les produits d’Apple)  a été faite par un fan assez drôle http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=9_jcGaHSyEo

* ADUF pour Association Des Utilisateurs de Free

Teddy Marie présente, à l’évènement LeWeb’11, son projet Twanx réalisé en partenariat avec Toxicode.

Twanx est une plateforme qui mesure la qualité des échanges sur Twitter en comptant notamment les “merci” dans les intéractions entre internautes.

Plus d’infos : http://www.twanx.com/

Emmanuel Vivier explique au #W2C11 comment mesurer le retour sur investissement sur les réseaux sociaux.

Il montre bien l’importance de la réputation sur le web pour une marque. 

Alexandre Amigouet


Les histoires de notre logo

Nous avons désormais un logo et je pense que ce logo vaut bien que je lui consacre un billet. Nous estimons qu’il raconte deux histoires qui représentent parfaitement Toxicode et nos valeurs : l’histoire de notre mode de fonctionnement, et l’histoire de la conception du logo.

Logo

La première histoire, celle de notre mode de fonctionnement, commence par une fiole symbolisant notre esprit laboratoire et notre volonté d’innover. Afin de tester nos produits, de récolter des idées neuves et de savoir ce dont les internautes ont réellement besoin, nous impliquons fortement notre petite communauté de testeurs dans le processus de création. Le résultat du travail conjoint de Toxicode et sa communauté, c’est l’amélioration du dialogue entre internautes ou même entre une marque et ses clients.

 

La deuxième histoire, c’est celle de l’élaboration de ce logo. Nous avons décidé de lancer un concours sur le site 99designs.com. Nous avons eu 131 logos proposés par 14 personnes, le concours a duré 7 jours durant lesquels nous avons mis à contribution notre communauté. Chacun pouvait donner son opinion sur les propositions que l’on avait, et ensuite nous formulions aux graphistes du concours les remarques de nos utilisateurs.

Nous avons fait deux sondages pour déterminer le meilleur logo : un sondage pour notre communauté et un autre pour les personnes travaillant dans notre secteur d’activité. Au final, nous avons choisis le logo qui est arrivé en première place de nos deux sondages.


Nous pouvons donc dire que notre logo a été fait en collaboration avec notre communauté, et en ça il résume bien notre état d’esprit !

Pierre Lancien et Alexandre Amigouet

Le réseau d’agence allemand Scholz & Friends  a réalisé une vidéo (en anglais) expliquant d’une manière ludique l’évolution du marketing de masse au marketing conversationnel. Même si la vidéo date de fin 2008, j’estime qu’elle est toujours d’actualité !

Alexandre Amigouet

Le lancement des offres de Sosh

Dans un précédent billet, je vous évoquais l’annonce du lancement d’une offre d’Orange baptisée Sosh et orientée vers les “digital natives”. Après un mois de buzz, les offres viennent d’être dévoilées.

Sur le fond, je pense que les offres de Sosh sont parfaitement dans l’air du temps, c’est à dire que l’on retrouve les éléments (pas d’engagement, pas de subvention du mobile, une offre d’abondance…) de la recette pour anticiper l’arrivée du 4ème opérateur mobile.

Sur la forme, je n’ai absolument pas compris pourquoi Sosh n’a pas profité du mois qu’il disposait pour construire ses offres avec les fans de la page Facebook dédiée à l’opération. Sur cette dernière, on a retrouvé tout l’été des commentaires sur des évènements estivaux (sorties de films au cinéma, etc.) qui n’avaient aucun lien avec la téléphonie mobile. En réalité, le but de cette opération de communication vise avant tout à véhiculer une image “jeune” auprès des “digital natives” qui sont la cible de cette offre.

 Néanmoins, je dois atténuer les critiques de mon précédent billet car il y a réellement une dimension communautaire dans l’offre Sosh. La première rubrique qui va dans ce sens est accessible dans l’onglet “Sosh ideas” qui permettra à chacun de proposer des idées pour faire évoluer l’offre de Sosh. Une sorte de boîte à idées numérique. A cet égard, ça se rapproche de la démarche de B&You.

La seconde rubrique se nomme “Sosh conseil”, c’est un forum où la communauté pourra échanger avec l’équipe de Sosh. Je dois reconnaître, pour avoir déjà été modérateur du forum d’un fournisseur d’accès à internet, que la démarche de faire un forum pour communiquer avec ses clients est audacieuse sur ce type de produits. Bravo !

 

Alexandre Amigouet

La valeur de vos avis sur internet

 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais le mois dernier, j’ai voulu acheter un four multifonction sur internet. Je suis loin d’être un expert dans le domaine.

Quel a été mon premier réflexe ?

Je pense que ça n’étonnera pas beaucoup de monde si je vous réponds que je suis allé lire les avis des internautes sur les sites d’achats en ligne avant de me décider.


Cliquez sur l’image ci-dessus pour voir l’infographie d’Olimeo.com

Je ne suis pas le seul à faire cela puisque selon une étude 62% des français déclarent lire les avis des internautes des sites marchands et les considèrent comme étant influents (FEVAD-Médiamétrie, 5ème baromètre sur les comportements d’achat des internautes, 2009). Et le phénomène est grandissant, je pense que depuis 2009 (date du sondage) les consommateurs ont de plus en plus tendances à se fier à ces avis.  


Les Inrocks ont rédigé un article sur une pratique dont j’ignorais l’existence : la rédaction de faux avis. Je ne suis pas dupe, j’imagine bien qu’il y a quelques malins qui écrivent des avis positifs sur leur entreprise mais ce que nous révèle les Inrocks dépasse largement l’acte isolé de rédaction de faux avis. C’est un véritable business qui est fait autour des faux avis. Des sociétés peu scrupuleuses spécialisées dans l’e-réputation proposent de poster des centaines de faux avis. Je tiens à préciser que toutes les sociétés travaillant autour de l’e-réputation ne sont pas concernées, je vous conseille de lire le blog de la société QSN Digital pour le constater.

Je peux comprendre la tentation de recourir à cette pratique mais je suis perplexe quant à son efficacité à long terme. En plus d’être illégal, c’est une prestation onéreuse. Le devis qui a été fait aux Inrocks monte à 3 750€ pour 250 faux avis positifs qui seront publiés en moins de 3 mois. Le coût de la prestation me parait énorme surtout que la durée de vie d’une information sur internet est relativement éphémère.

Je suis persuadé qu’il serait plus avantageux pour une entreprise de chercher à répondre directement aux avis négatifs de ses clients. Je m’explique, au lieu de dépenser de l’argent et du temps pour rédiger de faux avis, les entreprises pourraient engager le dialogue avec leurs clients mécontents et corriger alors l’objet de leurs critiques.

Une étude récente montre que quand des clients ayant posté des avis négatifs ont obtenu une réponse de l’entreprise, alors deux tiers d’entre eux reviennent sur leur mauvaise impression.

Ainsi, l’entreprise ressort grandie de ces témoignages de considération, et par la suite ces clients iront eux-mêmes publier des avis positifs (et des véritables) gratuitement. Je pense que c’est une politique qui peut se révéler payante sur le long terme. Contrairement aux faux avis, les avis de clients satisfaits seront renouvelés et donc perdureront sur le web.

De cette manière, le client qui est prit en considération est satisfait et l’entreprise bénéficie d’une bonne publicité à moindre coût.


En somme, ça serait une politique gagnant-gagnant !


Alexandre Amigouet